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Une oeuvre à découvrir

Vierge à l’Enfant et Saint Jean-Baptiste - Ecole de Raphaël - XVIe siècle

ACCÈS : 5E ETAGE
Espace accessible aux personnes à mobilité réduite


Raphaël a longtemps été considéré comme le plus grand peintre qui ait jamais existé, et on le tient toujours pour l’artiste en qui la peinture aura trouvé son expression achevée. Ce mythe de Raphaël apparaît du vivant de l’artiste, et sa mort prématurée, mettant fin brutalement à une activité marquée par la précocité, lui donne une singulière ampleur. Son art, fait de mesure, de grâce et d’harmonie, a profondément influencé la peinture occidentale jusqu’au XIXe siècle. Casanova disait qu’« aucun peintre n’a surpassé Raphaël dans la beauté des figures ». Delacroix affirmait que le simple nom de Raphaël « rappelle à l’esprit tout ce qu’il y a de plus élevé dans la peinture ». De même, Ingres vouait un véritable culte à Raphaël, tant dans son style dominé par un graphisme proche du maître de la Renaissance que d’hommages récurrents à son œuvre.

AccueilLes premières œuvres de Raphaël sont de sa seule main, ce qui n’est plus le cas après 1513 où son atelier s’enrichit considérablement, comportant jusqu’à une cinquantaine d’assistants. Les deux plus connus furent Giulio Romano et Giovan Francesco Penni.

La Vierge à l’Enfant et Saint Jean-Baptiste exposée au musée Paul Delouvrier, est probablement l’œuvre de l’un des assistants de Raphaël, demeuré anonyme. On y retrouve aisément le style du maître, notamment la douceur des modèles héritée de son maître Le Pérugin et un modelé des corps plus proche de celui de Michel-Ange. L’arrière-plan relativement sombre et le léger sfumato typique de la période florentine de Raphaël, pourrait situer cette œuvre entre 1504 et 1508.

Cette dernière peut facilement être comparée à plusieurs autres représentions de cette scène attribuées à Raphaël, notamment « La Vierge aux œillets » (1506-1507), ou encore « La Vierge à la chaise » (1513), certes plus tardive, mais avec laquelle elle partage d’incontestables similitudes : l’habillement de la Vierge, sa pose légèrement incliné ou encore son regard tourné vers le spectateur, mais aussi le montant de chaise, pouvant renvoyer aux meubles papaux de l’époque de Léon X.

Biographie :

Raffaello Sanzio, dit Raphaël, peintre de la Haute Renaissance, est le fils de Giovanni Santi, peintre et poète officiel de la cour du duc d’Urbino, Frédéric III de Montefeltro, l’un des princes les plus célèbres et protecteur des arts de la Renaissance en Italie, et de Màgia di Battista Ciarla, fille d’un négociant d’Urbino. Il naît en 1483 à Urbino qui est alors un foyer artistique réputé à l’aube du XVIe siècle.

D’après Giorgio Vasari, Raphaël aurait été initié dans l’atelier de son père où il apprend les bases techniques de ce qui va devenir son art. Sa mère meurt le 7 octobre 1491 et son père le 1er août 1494. Raphaël, âgé alors de onze ans, se retrouve orphelin. Des sources attestent qu’il séjourne à Urbino jusqu’en 1499 et qu’il poursuit son apprentissage probablement auprès du peintre Timoteo Viti. En 1500, à dix-sept ans, ses oncles l’envoient à Pérouse en Ombrie peut-être auprès du Pérugin, chez qui il n’est sans doute plus considéré comme un apprenti et dont le style l’influence profondément au point que les historiens de l’art hésitent sur l’attribution des tableaux peints par Le Pérugin à son héritier Raphaël. Aux termes d’un contrat signé le 10 décembre 1500, il est cité en qualité de maître peintre pour la réalisation du retable « le Couronnement du bienheureux Nicolas de Tolentino », pour l’église Sant’Agostino de Città di Castello. Raphaël n’est ainsi plus disciple d’un autre maître, mais maître lui-même. Cela lui confère le droit d’avoir un atelier, des aides et des élèves. C’est ainsi qu’il reprend l’atelier de son père à Urbino.

Âgé de vingt-et-un ans, il quitte Pérouse pour Florence. C’est ainsi que débute la deuxième partie de sa vie, la période florentine, qui durera quatre ans. La République florentine vient de rappeler Michel-Ange et Léonard de Vinci. Raphaël va bénéficier de l’influence de ces deux grands maîtres qui vont achever sa formation. Léonard de Vinci le reçoit dans son atelier. Il y découvre les chefs-d’œuvre de la Renaissance florentine. Il réalise une série de Vierges et de Madones : La Madone à la prairie (1506), La Vierge au chardonneret (1507), ou encore La Belle Jardinière (1507). Bien qu’étant devenu un peintre indépendant, il continue d’étudier les méthodes d’autres grands maîtres, tels Léonard de Vinci, Michel-Ange ou encore Fra Bartolomeo. Appelé à Rome par le pape Jules II sur la recommandation de l’architecte Bramante, il quitte Florence en 1508. C’est ainsi que débute la troisième partie de sa vie, la période romaine. Au Vatican, Raphaël est chargé de la décoration des salles du palais de Jules II, dites Chambres de Raphaël, que celui-ci projette d’habiter pour ne pas subir la néfaste influence de la puissante famille Borgia. C’est également à cette époque que Raphaël rencontre Margherita Luti qui sera le grand amour de sa vie, surnommée la Fornarina « la boulangère » parce qu’elle est la fille d’un boulanger, elle restera son amante durant toute sa vie.

En 1513 Jules II meurt. Sous son successeur Léon X, un Médicis, Raphaël voit croître ses responsabilités et son influence. En 1514, le nouveau pape lui confie le chantier de la basilique Saint-Pierre après la mort de Bramante et les fouilles d’antiquités à Rome. Cette dernière période de sa vie est caractérisée par une intense activité, mais la malaria et ses multiples crises de fièvre auront raison de sa santé déjà fragile. C’est ainsi qu’il meurt à Rome en 1520 à l’âge de trente-sept ans seulement, après avoir exécuté son chef-d’œuvre, La Transfiguration (1517-1520), résumé de toute son œuvre. En son honneur, sont organisées de fastueuses funérailles. Raphaël repose au Panthéon de Rome.


- "Vierge à l’Enfant et Saint Jean-Baptiste", 2006 © Musée Paul Delouvrier

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